Le vendredi 10 avril
2026, année noire pour la formation
On le sait depuis plusieurs mois et l’adoption définitive du budget de l’Etat, 2026 s’annonce une année très dure pour les organismes de formation professionnelle. Un intéressant article publié sur l’internet par CPFORMATION résume de manière très visuelle les évolutions en chiffres. Par rapport à 2025, c’est 1,4 milliards d’euros en moins pour France Compétences, dont 1,1 milliards pour l’alternance. C’est également une chute de de 650 millions d’euros de dotation pour le CPF, en partie compensée par le reste à charge (« ticket modérateur ») dont on notera qu’un décret fin mars est venu le porter de 100 € à 150 €.
Concrètement, c’est donc une réduction importante de l’engagement de l’Etat pour la formation professionnelle alors même que la ressource, basée sur les masses salariales annuelles brutes, n’évolue pas de manière aussi significative.
La politique de France Compétences évolue par ailleurs en limitant en montant l’accès du CPF pour les formations inscrites au RS.
Commentaires Adelson Conseil Formation :
- Dans un contexte de forte contrainte budgétaire, on peut comprendre que l’Etat resserre les cordons de la bourse. Mais on peut y voir une forme d’impôt déguisé. Car, après tout, les contributions des entreprises (CUFPA) ne devraient en principe que financer la formation. Les réformes de 2014 puis 2018 permettent ces transferts de financements, impossibles avant 2014. On ne s’étonnera donc pas qu’au sein de France Compétences, tous les membres du collège électoral, hors Etat, s’y soient opposés. Mais la constitution de ce collège, comme la distribution des voix, permettent ce passage en force.
- France Compétences oriente très clairement l’utilisation du CPF vers les formations inscrites au RNCP, c’est-à-dire permettant l’apprentissage d’un métier. La réforme de 2018 portait en sous-titre « vers une société de compétences ». Le RS, qui permet d’acquérir des compétences transverses ou complémentaires allait justement dans ce sens. Le financement par le CPF du RNCP peut être lu en creux comme la volonté de pallier l’incapacité des outils de la formation initiale à donner un métier aux jeunes qui en sortent. Et en gros d’utiliser les ressources de la formation professionnelle, cotisation des actifs, pour compenser l’inadaptation d’une obligation de l’Etat. Triste aveu…
Source : Article de CPFORMATION